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    Bruno qui appartenait à une famille noble (celle, croit-on, des Hartenfaust, de duro pugno), né à Cologne entre 1030 et 1035. Il commença ses études dans sa ville natale, à la collégiale de Saint-Cunibert, et fit ensuite des études de philosophie et de théologie à Reims et, peut-être aussi à Paris. Vers 1055, il revint à Cologne pour recevoir de l’archevêque Annon, avec la prêtrise, un canonicat à Saint-Cunibert.

    En 1056 ou 1057, il fut rappelé à Reims par l’archevêque Gervais pour y devenir, avec le titre d'écolâtre, professeur de grammaire, de philosophie et de théologie ; il devait garder une vingtaine d'années cette chaire, où il travailla à répandre les doctrines clunisiennes et, comme on allait dire bientôt, grégoriennes ; parmi ses élèves, étaient Eudes de Châtillon, le futur Urbain II,  Rangérius, futur évêque de Lucques, Robert, futur évêque de Langres, Lambert, futur abbé de Pothières, Pierre, futur abbé de Saint-Jean de Soissons, Mainard, futur prieur de Cormery, et d'autres personnages de premier plan. Maître Bruno dont on conserve un commentaire des psaumes et une étude sur les épitres de saint Paul est précis, clair et concis en même temps qu’affable, bon et souriant « il est, dire ses disciples, éloquent, expert dans tous les arts, dialecticien, grammairien, rhéteur, fontaine de doctrine, docteur des docteurs. »

    Sa situation devint difficile quand l'archevêque Manassès de Gournay, simoniaque avéré, monta en 1067 sur le siège de Reims ; ce prélat qui n'ignorait pas l'opposition de Bruno, tenta d'abord de se le concilier, et le désigna même comme chancelier du Chapitre (1075), mais l'administration tyrannique de Manassès, qui pillait les biens d'Eglise, provoqua des protestations, auxquelles Bruno s'associa ; elles devaient aboutir à la déposition de l'indigne prélat en 1080 ; en attendant, Manassès priva Bruno de ses charges et s'empara de ses biens qui ne lui furent rendus que lorsque l'archevêque perdit son siège.

    Bruno, réfugié d'abord au château d'Ebles de Roucy, puis, semble-t-il, à Cologne, chargé de mission à Paris, et redoutant d'être appelé à la succession de Manassès, décida de renoncer à la vie séculière. Cette résolution aurait été fortifiée en lui, d'après une tradition que répètent les historiens chartreux, par l'épisode parisien (1082) des funérailles du chanoine Raymond Diocrès qui se serait trois fois levé de son cercueil pour se déclarer jugé et condamné au tribunal de Dieu.

    En 1083, Bruno se rendit avec deux compagnons, Pierre et Lambert, auprès de saint Robert de Molesme, pour lui demander l'habit monastique et l'autorisation de se retirer dans la solitude, à Sèche-Fontaine. Mais ce n'était pas encore,  si près de l'abbaye, la vraie vie érémitique. Sur le conseil de Robert de Molesme et, semble-t-il, de l'abbé de la Chaise-Dieu, Seguin d'Escotay, Bruno se rendit, avec six compagnons auprès du saint évêque Hugues de Grenoble qui accueillit avec bienveillance la petite colonie.  Une tradition de l'Ordre veut que saint Hugues ait vu les sept ermites annoncés dans un songe sous l'apparence de sept étoiles. Il conduisit Bruno et ses compagnons dans un site montagneux d'une sévérité vraiment farouche, le désert de Chartreuse (1084). En 1085 une première église s'y élevait. Le sol avait été cédé en propriété par Hugues aux religieux qui en gardèrent le nom de Chartreux. Quant à l'appartenance spirituelle, il paraît que la fondation eut d'abord quelque lien avec la Chaise-Dieu, à qui Bruno la remit quand il dut se rendre en Italie ; mais l'abbé Seguin restitua la Chartreuse au prieur Landuin quand celui-ci, pour obéir à saint Bruno, rétablit la communauté, et il reconnut l'indépendance de l'ordre nouveau (1090).

    Au début de cette année 1090, Bruno avait été appelé à Rome par un de ses anciens élèves, le pape Urbain II, qui voulait s'aider de ses conseils et qui lui concéda, pour ceux de ses compagnons qui l'avaient suivi, l'église de Saint-Cyriaque. Le fondateur fut à plusieurs reprises convoqué à des concile. Le pape eût voulu lui faire accepter l'archevêché de Reggio de Calabre, mais Bruno n'abandonnait pas son rêve de vie érémitique. Il avait reçu en 1092 du comte Roger de Sicile un terrain boisé à La Torre, près de Squillace, où Urbain II autorisa la construction d'un ermitage et où une église fut consacrée en 1094. Roger aurait affirmé, dans un diplôme de 1099, que Bruno l'aurait averti dans un songe d'un complot durant le siège de Padoue en 1098.

    Bruno, le 27 juillet 1101, recevait du pape Pascal II la confirmation de l'autonomie de ses ermites. Le 6 octobre suivant, après avoir émis une profession de foi et fait devant les frères sa confession générale, il rendit l'âme à la chartreuse de San Stefano in Bosco, filiale de La Torre, où il fut enseveli. Les cent soixante-treize rouleaux des morts, circulant d'abbaye en abbaye et recevant des formules d'éloges funèbres, attestent précieusement, dès le lendemain de sa mort, sa réputation de sainteté, accrue par les miracles attribués à son intercession. Son corps, transféré en 1122 à Sainte-Marie du Désert, la chartreuse principale de La Torre, y fut l'objet d'une invention en 1502 et d'une récognition en 1514. Le culte fut autorisé de vive voix dans l'ordre des Chartreux par Léon X, le 19 juillet 1514. La fête, introduite en 1622 dans la liturgie romaine et confirmée en 1623 comme semi-double ad libitum, est devenue de précepte et de rite double en 1674 à la date anniversaire de sa mort, le 6 octobre ; saint Bruno n'a donc été l'objet que d'une canonisation équipollente.


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    On aurait pu l’appeler Marie-Françoise du corps souffrant.

    Anna-Maria-Rosa-Nicoletta Gallo vit le jour à Naples le 25 mars 1715. (donc conçue au solstice d’été ?) Son père s’appelait François et sa mère Barbe Basinsin. Ses parents étaient “peu fortunés” disent les PP. Bénédictins. Ils étaient “une famille de condition médiocre” disent les Petits Bollandistes.

     Elle prendra le nom de Marie-Françoise des cinq plaies de Notre-Seigneur Jésus-Christ lorsqu’elle entrera dans le Tiers ordre de Saint François d’Assise, sous la direction des Pères réformés et déchaussés de Saint Pierre d’Alcantara.

     Déjà toute petite, elle était ennemie des divertissements de l’enfance  et ne pensait qu’à la religion. Elle offrait son petit déjeuner à ses soeurs à conditions qu’elle veuillent bien lui apprendre un peu de catéchisme.

     Elle était assistée, d’une façon visible par son ange gardien. A quatre ans, elle suppliait qu’on l’emmène à la messe et se servait déjà d’instruments de pénitence. A cet âge, on la prenait déjà pour une Sainte. Mais son père, François, la mit rapidement à la fabrication de galons d’or. Comme elle était chétive, elle eut un crachement de sang avec une fièvre violente. On la mit alors à un travail moins pénible, elle quitta la navette pour, le fuseau et pour filer l’or. A l’âge de 16 ans, un riche jeune homme, charmé par sa conduite, demanda sa main. François, heureux de cette future union qui augmenterait le capital familial donna son accord sans celui de Marie-Françoise. Mais il s’entendit refuser : “Mon père, ne vous donnez pas cette peine, ne voulant rien connaître du monde, j’ai, depuis longtemps décidé de prendre l’habit des religieux du Tiers ordre de Saint François.”François, après avoir essayé de la dissuader, entra dans une violente colère, prit une corde et se mit à la frapper sans pitié. Barbe, la mère, dut intervenir en arrachant la corde des mains de son mari. Son père l’enferma dans une chambre où il la laissa plusieurs jours sans autre nourriture que du pain et de l’eau. Durant ce temps, Marie-Françoise pouvait prier tranquillement. Un Père Mineur de l’Observance réussit à convaincre François d’accepter le désir de sa fille d’entrer au service de Saint François. Ravie, Marie-Françoise baisa la main de son père et courut se faire mettre l’habit tant espéré. C’était le 8 septembre 1731, le jour de la nativité de la vierge. Ce qui l’intéressait dans sa piété, c’était les mystères douloureux. Elle jeûnait, faisait pénitence et priait sans cesse.

    François s’apercevait bien de l’état de sa fille et se demandait s’il ne pourrait pas tirer profit d’un éventuel don de divination. Or, une dame riche, qui était enceinte, aurait bien voulut savoir si c’était d’un garçon ou d’une fille. François poussa Marie-Françoise à donner une réponse à la dame. Mais elle ne voulut pas passer pour une voyante qui dirait la bonne aventure. Alors le père entra en fureur et flagella Marie-Françoise jusqu’à ce que sa mère et sa soeur vinrent lui arracher le fouet. Sur les conseils de sa mère, elle s’enfuit de la maison et vint raconter ses misères à Don Jules Torno évêque du lieu. Il la raccompagna chez elle et fit les remontrances à François qui se calma.

     Pour la consoler, le Seigneur lui fit l’honneur de plusieurs apparitions. Elle racontait que quand il était là, elle se trouvait plongée dans un “océan d’indicibles délices accompagnée d’un vif tressaillement de son âme.” Comme elle ne savait pas trop qui était l’apparition, elle vint trouver son confesseur qui lui révéla qu’il s’agissait bien de Dieu. Son ange gardien lui rendait aussi de fréquentes visites. Cela l’encourageait. Il lui disait que c’était lui qui la défendait contre les assauts de son père. A son école, elle apprit à distinguer les vraies apparitions des fausses, celles du démon.

    Sa mère mourut et son père voulut se remarier. Il fit peser sur Marie-Françoise tout le poids de l’entretien de la famille.  Il lui menait la vie dure en répétant tout le temps “qui ne travaille pas ne mange pas!” et exigeait d’elle qu’elle paya dix écus par ans. Son parrain subvenait à cette rente. Marie-Françoise s’excusa en présentant à son père son extrême pauvreté et l’état lamentable de sa santé. Cependant, elle continuait ses mortifications et ne mangeait qu’un peu de pain qu’elle trempait dans de l’absinthe. Ses soeurs, moins patientes, allèrent trouver la femme que leur père désirait épouser et la persuadèrent de rompre avec lui. François cru que ce complot avait été perpétré par Marie-Françoise. Il entra en colère et quitta la maison en emportant tout. Sur l’injonction de son confesseur, Marie-Françoise alla passer sept mois chez un honnête négociant, Marcien d’Amélio. Elle devint marraine de sa fille aînée. Puis, par ordre de son confesseur, elle prit un petit appartement, rue de la Coutellerie, et s’associa à soeur Marie-Félix de la Passion. Mais Marie-Félix avait passé trois ans, comme servante, au service d’une dame amie de Marie-Françoise. Puis, elle l’avait quittée pour s’associer à sa collègue. Mais la dame voulait la reprendre. Elle essayait de se faire aider par Marie-Françoise. Comme elle n’y arrivait pas, elle la dénonça calomnieusement, comme “suppôt de satan”, auprès du Cardinal Spinelli, archevêque de Naples. Le cardinal ému de la chose, ordonna à un curé : Ignace Mostillo d’examiner les moeurs de Marie-Françoise. Celui-ci la mit à l’épreuve pendant sept années. Après ces sept ans d’où elle sortit indemne, il lui arriva une autre histoire. La femme de Marcien Amélio, chez qui elle avait passé sept mois, ne s’entendait plus avec son mari au sujet de la perte de deux mille ducats dans leur commerce. Elle s’unit à la dame calomniatrice et elles vinrent toute deux trouver François pour lui raconter que sa fille n’avait d’autre métier que celui de trouble-ménage. François en colère décida d’aller châtier Marie-Françoise. Mais heureusement, il ne la trouva pas, elle avait filé chez une de ses amies, Angèle Furlaccio chez qui elle rencontra son confesseur. Celui-ci l’enferma au Couvent dit du Bon-Chemin. Malgré cela, son père et ses soeurs vinrent l’y accabler d’injures. Il y avait avec eux une femme impudente envoyée par ses persécutrices. Cela fit scandale et les soeurs du Bon-Chemin prirent Marie-Françoise en grippe à tel point que l’une d’elle voulut la précipiter du haut d’un escalier et on lui jeta sur la figure une terrine de braises. Il faut dire qu’elle étaient jalouses de ce qu’on prenait Marie-Françoise pour une Sainte. Marie-Françoise se cacha dans sa cellule. Elle allait à la chapelle en cachette. Comme elle adorait les vêtements sacrés, elle entrait subrepticement dans la sacristie et passait de longs moments à baiser les ornements sacrés. Un jour qu’elle était en train de baiser les ornements des prêtres, elle entendit une voix qui lui dit “Fuyez, fuyez”. Elle crût que c’était son ange gardien et regagna sa cellule en toute hâte. A peine était elle rentrée qu’une explosion se fit entendre. C’était dans le palais voisin qui s’était écroulé sur la sacristie et avait tout enseveli. Puis, elle se mit à enfler des pieds à la tête. Sa santé s’altéra. Elle serait bien rentrée chez elle mais son confesseur s’y opposa. Elle vint alors habiter chez dame Candide Principe, épouse de Joseph de Mase. Elle commença à avoir de vives douleurs d’intestins. Comme une infirmité ne va pas sans l’autre; elle apprit que son père allait mourir. Elle se mit à pleurer parce qu’elle réalisait qu’elle ne pouvait pas être au chevet de son père. Elle obtint par sa prière de souffrir, à la place de son père, des douleurs de l’agonie.

    En 1763, elle révéla que Naples allait être décimé par une grande famine et une grande peste. L’année suivante, elle fut atteinte par la maladie mais finit par se rétablir après plusieurs mois. Elle en sortit réduite à l’état de squelette. Elle pleurait jour et nuit en étant si dérangée d’esprit qu’elle avait un besoin constant de la présence de son confesseur Jean Pessiri. Il résolut d’ailleurs de venir habiter la maison de la Sainte. C’était plus pratique pour lui. Elle eut alors une “ébullition du sang”. Ses médecins lui firent prendre inutilement des bains froids puis lui pratiquèrent une saignée au pieds. Mais le chirurgien la blessa maladroitement, ce qui fit souffrir horriblement Marie-Françoise en lui provoquant des spasmes. Le pied devint rouge, il fallut taillader dans les chairs car la gangrène s’y était mise. Pendant ce temps là, Marie-Françoise répétait “Que la volonté de Dieu soit faite !” Marie-Félix ayant laissé trop longtemps, par mégarde, brûler du soufre dans sa chambre, cela donna à Marie-Françoise une toux violente suivie de vomissements de sang. Pour l’adoucir, elle dut porter un collier de plomb pendant 12 ans. Elle disait alors “Le Seigneur m’a orné, comme son épouse, d’un collier de perles !” Chaque vendredi, elle communiait puis ne prenait plus de nourriture jusqu’au samedi. Pendant ce temps, elle visitait 33 sépulcres en souvenir des 33 années de la vie du Christ. Cela devait arriver, elle eut les stigmates du Christ : plaies aux deux mains, plaies aux deux pieds et plaie sur le côté gauche, là où est le coeur. Elle ne pouvait pas supporter que des gens disent les prières sans se courber. Si Marie-Félix oubliait de le faire, Marie-Françoise la forçait à se courber en lui tenant la tête. Elle commençait toujours ses prières par le Gloria Patri. Elle avait mis des images de Marie, la Vierge, dans tous les coins de la maison, sur les portes, dans les escaliers, dans les embrasures des fenêtres. Lorsqu’elle se sentait trop malade, elle prenait une image de la Vierge dans ses mains. En 1789, l’Archange Raphaël lui apparut sous la forme d’une beauté extraordinaire. Lorsqu’il apparut, Marie-Françoise resta sans voix. Il lui annonça qu’il était envoyé pour la guérir de sa plaie au côté. Son amour pour le Père céleste était si violent qu’elle versait parfois des torrents de larmes, ce qui mouillait son mouchoir et ses vêtements. Tout cela était si fort qu’elle perdait ses sens et se soulevait au-dessus du sol. Elle était si charitable qu’elle donnait tout ce qu’elle possédait. Un jour elle rencontra une pauvre femme qui n’avait rien à se mettre. Elle la fit venir chez elle, se dévêtit et lui donna sa robe. Elle donna même son matelas à un malheureux qui n’avait même pas de grabat pour dormir. Quand elle visitait les hôpitaux, elle aimait beaucoup passer du temps près des malades les plus repoussants et surtout ceux qui avaient des maladies contagieuses. Puis elle se mit à sentir bon de temps à autres, et ce qu’elle touchait gardait son parfum. On remarqua qu’elle sentait bon surtout aux fêtes de la Vierge et les vendredis de mars où elle souffrait la passion du Christ. L’état de Marie-Françoise s’aggravant de plus en plus, on l’envoya, en 1791, prendre un “bol d’air” à la campagne. Mais le résultat fut qu’elle se mit à tousser et  fut la victime de deux hernies étranglées qui provoquèrent des graves vomissements. Elle revint à Naples pour y subir une opération. Ensuite, elle eut de vives douleurs à un pied. On pria pour elle et la douleur se calma. Mais elle eut alors d’horribles convulsions par tout le corps. Ses pieds et ses jambes s’enflèrent. Elle dut passer des jours et des nuits sur une chaise sans pouvoir dormir. Comme elle se préparait à la fête de la Nativité de la Vierge, elle fut prise d’un telle crampe d’estomac qu’on aurait cru quelle était transpercée par un glaive. Pendant ce temps là, elle disait toujours “Que le Seigneur soit béni ! Le 11 septembre, fête du Saint nom de Marie, elle reçu l’extrême onction. Le 13, elle entra en extase et vit s’élever devant elle une grande croix nue. La maladie continua son cours et douze prêtres se pressant autour de son lit lui rappelaient sans cesse le devoir d’obéissance comme pour la retenir vivante. Mais elle voulait être déliée de ces préceptes et se laisser aller à la volonté du Père céleste. Elle s’adressa alors à un des prêtres qui s’appelait François Borelli. “François, vous devriez avoir du scrupule de votre conduite; vous voyez où j’en suis réduite, ma pauvre humanité s’est consumée, le Seigneur m’appelle, ces bons pères me retiennent liée par l’obéissance, et moi je suis obligée de rester et de souffrir. Dites leur donc qu’ils ne me donnent plus de préceptes et recommandez leur de se résigner à la volonté de Dieu !” Elle obtint gain de cause et entra en agonie. Son agonie dura trois heures. “Elle tremblait de tous ses membres, tous ses os étaient disloqués.” Puis Marie-Françoise dit d’une voix affaiblie : “Père pardonnez-moi, Père aidez-moi !” puis elle sombra dans une sorte de léthargie. Un peu plus tard, revenue de sa léthargie; elle se mit à réciter, d’une voix claire, cinq dizaines de chapelets et treize Gloria Patri. Puis elle passa toute la nuit en laissant échapper de grands soupirs. Le matin, on la fit communier. Elle retrouva toutes ses facultés et entra en extase. Elle dit “Madona... Voici que ma mère vient au devant de moi !” Puis elle pâlit. Don Pessiri alluma un cierge bénit et lui donna une dernière absolution. Il saisit alors un crucifix : “Soeur Marie-Françoise”, lui dit-il, “baisez les pieds de votre époux mort pour nous sur la croix !” Soulevant la tête, la mourante colla ses lèvres sur les pieds de son sauveur, et après les avoir tendrement baisés, retombant sur son oreiller, elle expira.

     Dès qu’elle sut la mort de la Sainte - disent les PP. Bénédictins, la piété napolitaine entra en éruption. La foule se rua pour emporter une relique. Il fallut appeler les soldats de la garde royale et porter le corps dans une chapelle fermée avec une grille de fer. On faisait toucher à la défunte les objets que présentait la foule assiégeante.


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    Saint François d'Assise que l'on fête le 4 octobre, à appelé à la conversion des coeurs, à l'amour de la pauvreté, à l'amour des pauvres, pour imiter le Christ qu'il a imité jusque dans les stigmates.

     

     

     

     

     

     

     

     

     


    Seigneur, toi qui es Bon, Très-Haut et Tout-Puissant, à toi la louange, la gloire, l'honneur et toute bénédiction. A toi seul ils reviennent, ô Très-Haut, et personne ne peut dire tout ton mystère !

    Loué sois-tu, Seigneur, pour toutes tes créatures, spécialement pour le Soleil, notre grand frère. Il fait le jour et par lui, tu nous illumines. Il est si beau et si rayonnant. De toi, Très-Haut, il est un magnifique reflet !

    Loué sois-tu, Seigneur, pour notre sœur la Lune et pour les Etoiles. Dans le ciel tu les as façonnées, si claires, si précieuses et si belles !

    Loué sois-tu, Seigneur, pour notre frère le Vent, et pour l'air et pour les nuages, pour le ciel paisible et pour tous les temps: par eux, tu réconfortes tes créatures !

    Loué sois-tu, Seigneur, pour notre sœur l'Eau, qui est si utile et si modeste, si précieuse et si pure !

    Loué sois-tu, Seigneur, pour notre frère le Feu, par lui, tu éclaires la nuit. Il est si beau et si joyeux, si indomptable et si fort !

    Loué sois-tu, Seigneur, pour notre mère la Terre qui nous porte et nous nourrit. Elle produit la diversité des fruits et les herbes et les fleurs de toutes les couleurs !

    Loué sois-tu, Seigneur, pour ceux qui pardonnent par amour pour toi et qui supportent les épreuves et les maladies: heureux s'ils demeurent dans la paix, car par toi, Très-Haut, ils seront récompensés !

    Loué sois-tu, Seigneur, pour notre sœur la Mort que personne ne peut éviter. Quel malheur pour ceux qui meurent avec un cœur mauvais ! Mais quel bonheur pour ceux qu'elle surprendra avec un cœur bon car le paradis les attend auprès de Toi !

    Louez et bénissez avec moi le Seigneur, rendez-lui grâce et servez-le avec beaucoup d'humilité !

    Saint François d'Assise


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    On honore sa mémoire le 5 octobre


    Le Bienheureux Bartolo Longo, l'apôtre du Rosaire

    Le Bienheureux Bartolo Longo est né le 11 février 1841 près de Brindes en Italie. Après une enfance pieuse, Bartolo Longo étudie le droit à Naples à partir de 1863, où il subit peu à peu l'influence de l'anticléricalisme. Il en devient athée et participe à des manifestations contre le pape et contre l'Eglise. Fasciné par la magie, Bartolo se laisse aller à la divination et au spiritisme. Il devient même médium et prêtre spirite, ce qui lui vaudra de subir les assauts répétés du démon.

    Mais son bon ange veille sur lui : un vieil ami le professeur Vincent Pepe, lui conseille de se repentir et de se confesser. Avec l'aide du Père dominicain Radente, Bartolo retrouve le chemin de la foi et de la pratique religieuse. Une nouvelle vie, au service de la sainte Vierge, commence pour lui. Il se met à réciter chaque jour le Rosaire et entre dans le tiers-ordre dominicain sous le nom de Frère Rosaire (le 7 octobre 1871, troisième centenaire de la victoire de Lépante). Il a trente-et-un ans et étudie les oeuvres de St Thomas d'Aquin.

    La comtesse Marianna de Fusco, riche veuve, l'invite à venir et à s'établir chez elle en qualité de précepteur de ses fils et d'administrateur de ses biens, non loin des ruines de l'antique Pompéi voisine de Naples. Là, il se rend compte de l'effrayante pauvreté spirituelle et matérielle des paysans de la région. Que faire face à de telles nécessités ? Il commence par la fondation d'une fraternité du Très Saint Rosaire. Il parcourt la campagne, entrant dans les fermes, pour enseigner aux gens à prier et pour y distribuer médailles et chapelets.

    Un jour, ayant reçu en don un tableau très abîmé de Notre-Dame du Rosaire (du XVIIe siècle et de l'école de Luca Giordano), Bartolo le restaure et obtint de l'installer dans une église de Pompéi le 13 février 1876. De ce jour, une pluie de grâces et de miracles se multiplie. Cette dévotion se répand dans toute la région et des pèlerinages commencent. En 1878, il publie Histoire, miracles et neuvaine de la Vierge du Saint Rosaire de Pompéi et il compose une neuvaine bientôt enrichie d'indulgences.

    Léon XIII le reçoit le 3 février 1884 et l'encourage à lancer un nouveau journal Il Rosario et la nueva Pompei. Bartolo Longo reçoit ensuite la permission de construire une église sur les terres de la comtesse de Fusco. Ce sanctuaire est achevé et consacré en 1887. Le tableau miraculeux y est transféré. Entre temps, une campagne de calomnie s'étant élevée, Bartolo Longo consulte le pape qui lui conseille d'épouser la comtesse : « Il n'y aura ensuite plus rien à dire ». Le mariage est célébré le 19 avril 1885 mais ils font tous les deux voeu de chasteté, ce mariage demeurera donc virginal.

    L'oeuvre de Pompéi continue à s'étendre. Une nouvelle ville se construit autour du sanctuaire et devient une cité mariale. Bartolo Longo crée un orphelinat pour filles, le confiant aux Filles du Rosaire, institut religieux qu'il vient de créer. Il fonde aussi une maison pour l'éducation des enfants des prisonniers. Bientôt une trentaine de bâtiments entoure le sanctuaire, dont un hôpital, une imprimerie, une gare, une poste, etc…

    Dans la région, la misère d'autrefois cède la place à une prospérité fondée sur le travail. Le sanctuaire de Notre-Dame du Rosaire est érigé en basilique le 4 octobre 1925, fête du cinquantième anniversaire de sa fondation devant  cinquante mille fidèles et vingt-quatre évêques.

    L'apôtre du Rosaire, qui n'a cessé durant toute sa vie de demander la définition du dogme de l'Assomption, meurt le 5 octobre 1926 à quatre vingt-cinq ans dans la pauvreté la plus absolue ayant donné quelques années auparavant tout ce qu'il possédait au Saint-Siège.

    Il est enterré à Pompéi aux pieds de l'image miraculeuse. Il sera béatifié par le pape Jean-Paul II le 26 octobre 1980. Sa fête est le 6 octobre. Par amour de Marie, il était devenu selon ses propres dires, apôtre de l'Evangile, écrivain, propagateur du Rosaire, fondateur d'instituts de charité, mendiant pour les pauvres.

    Sa prière personnelle était « Sainte Mère tant aimée, en vous repose toute ma peine, ma confiance et mon espérance ».

    Le pape Jean-Paul II sans sa lettre apostolique sur le Rosaire (16 octobre 2002) cite à cinq reprises Bartolo Longo qui définissait le Rosaire comme la « douce chaîne qui nous relie à Dieu ».

    « Si tu cherches le salut, répands le Rosaire »


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    Sainte Faustine Kowalska dont nous honorons la mémoire le 5 Octobre

    Biographie publiée par le Saint-Siège

    ROME, dimanche 18 août 2002 – Nous publions ci-dessous la biographie de Soeur Faustine Kowalska (1905-1938), à laquelle le Christ a transmis le message de la Miséricorde Divine, présentée par le Saint-Siège.

    Soeur MARIE FAUSTINE, apôtre de la Miséricorde Divine, compte aujourd'hui parmi les Saints les plus célèbres de l'Église. Par son intermédiaire, le Seigneur Jésus transmet au monde entier Son grand message de la Miséricorde Divine et montre un modèle de perfection chrétienne fondée sur la confiance en Dieu et sur une attitude miséricordieuse envers le prochain.

    Elle est née le 25 août 1905, troisième des dix enfants de Marianna et Stanisław Kowalski, agriculteurs dans le village de Głogowiec. Au baptême, dans l'église paroissiale de Świnice Warckie , elle a reçu le prénom d'Hélène. Depuis son enfance, elle se distingua par l'amour de la prière, l'assiduité, l'obéissance et par une grande sensibilité à la misère des hommes. A neuf ans, elle a fait sa Première Communion qu'elle a profondément vécue, consciente de la présence de l'Hôte Divin dans son âme. Elle a fréquenté l'école pendant moins de trois ans. Adolescente, elle a quitté la maison familiale pour gagner sa vie et pour aider ses parents comme servante dans des familles aisées à Aleksandrów , Łódź et Ostrówek .

    Elle a senti la vocation dans son âme dès l'âge de sept ans, mais ses parents n'étant pas d'accord pour qu'elle entre dans les ordres, elle a essayé d'étouffer cette voix intérieure. Cependant, exhortée par la vision du Christ souffrant, elle est partie pour Varsovie où, le 1er août 1925, elle a rejoint la Congrégation des Sœurs de Notre Dame de la Miséricorde. Devenue Sœur Marie Faustine, elle a passé au couvent treize ans, en remplissant les fonctions de cuisinière, de jardinière et de Sœur portière dans plusieurs maisons de la Congrégation, le plus souvent à Płock , Wilno et Cracovie.

    Rien ne trahissait à l'extérieur sa vie mystique d'une extrême richesse. C'est avec zèle qu'elle remplissait toutes ses tâches, elle observait fidèlement les règles, recueillie et silencieuse, mais en même temps naturelle, pleine d'un amour bienveillant et désintéressé. Sa vie, très ordinaire,
    monotone et grise en apparence, cachait la profondeur extraordinaire de l'union à Dieu.

    Sa spiritualité reposait sur la Miséricorde Divine à laquelle elle réfléchissait et qu'elle contemplait dans la parole de Dieu et dans l'aspect quotidien de sa vie. La connaissance et la contemplation du mystère de la Miséricorde Divine développaient chez elle une attitude de confiance d'enfant face à Dieu et de miséricorde envers les autres. Ô mon Jésus, chacun de Tes saints reflète en sa personne l'une de tes vertus, moi, je désire refléter Ton Cœur compatissant et plein de miséricorde, je veu
    x le glorifier. Que Ta miséricorde, ô Jésus, soit imprimée dans mon cœur et dans mon âme, tel un sceau, ce sera là mon emblème en cette vie et en l'autre  . Sœur Marie Faustine était une fidèle fille de l'Église qu'elle aimait comme une Mère et comme le Corps Mystique de Jésus Christ. Consciente de son rôle au sein de l'Église, elle a collaboré avec la Miséricorde Divine dans l'œuvre du salut des âmes égarées. Sur le souhait et en suivant l'exemple du Seigneur Jésus, elle a sacrifié sa vie en holocauste. Dans sa vie spirituelle, elle se distinguait aussi par son amour de l'Eucharistie et par sa dévotion profonde pour Notre Dame de la Miséricorde.

    Les années passées au couvent abondaient en grâces extraordinaires: révélations, visions, stigmates cachés, participation à la Passion du Seigneur, don de bilocation, de pénétrer le cœur des autres, de la prophétie, ou bien le don rarissime de fiançailles et d'épousailles mystiques. Le vif contact avec Dieu, Notre Dame, les anges, les saints, les âmes au purgatoire – tout cet univers surnaturel – lui apparaissait comme étant non moins réel et vrai que celui qu'elle percevait par ses sens. Malgré cette abondance de grâces extraordinaires accordées, elle savait que celles-ci ne décidaient pas de l'essence de la sainteté. Ce ne sont ni les grâces, ni les apparitions, ni les ravissements, ni aucun don accordé qui la rendent parfaite, mais l'union intérieure de mon âme avec Dieu. Ces dons ne sont que des ornements de l'âme, mais ils ne constituent ni le contenu, ni la perfection. Ma sainteté et ma perfection consistent en une étroite union de ma volonté avec celle de Dieu.
     

    Sœur Marie Faustine a été élue par le Seigneur Jésus secrétaire et apôtre de Sa Miséricorde pour transmettre au monde entier son grand message. Dans l'ancien Testament, lui dit-Il, j'ai envoyé à mon peuple des prophètes et avec eux la foudre. Aujourd'hui, je t'envoie vers toute l'humanité avec ma miséricorde. Je ne veux pas punir l'humanité endolorie, mais je désire la guérir en l'étreignant sur mon cœur miséricordieux
    . .

    La mission de Sœur Marie Faustine consistait en trois tâches:
    – rendre proche et annoncer au monde entier la vérité révélée dans les Écritures Saintes sur l'amour miséricor
    dieux de Dieu envers tout homme,
    – implorer la Miséricorde Divine pour le monde entier, en particulier pour les pécheurs, notamment par la pratique des formes nouvelles, annoncées par le Seigneur Jésus, du culte de la Miséricorde Divine, qui sont les suivantes: le tableau du Christ avec l'inscription Jésus, j'ai confiance en Toi! , la Fête de la Miséricorde Divine le premier dimanche après Pâques, le Chapelet à la Miséricorde Divine et la prière à l'Heure de la Miséricorde Divine
    (15 H). Le Seigneur Jésus liait à ces formes du culte, ainsi qu'à la propagation de la dévotion à la Miséricorde, de grandes promesses à condition de se fier à Dieu et de pratiquer un amour actif envers le prochain,
    – la troisième tâche que comportait la mission de Sœur Marie Faustine consistait à inspirer le mouvement apostolique de la Miséricorde qui est chargé de propager et d'obtenir par la prière la Miséricorde Divine pour le monde et qui tend à la perfection sur le chemin montré par la Bienheureuse Sœur Faustine. Ce chemin est celui d'une confiance d'enfant en Dieu, laquelle s'exprime dans l'accomplissement de Sa volonté et dans une attitude de miséricorde envers les autres. A l'heure actuelle, ce mouvement au sein de l'Église concerne des millions de personnes à travers le monde, à savoir des congrégations, des instituts laïques, des prêtres, des confréries, des associations, différentes communautés d'apôtres de la Miséricorde Divine et des particuliers qui se chargent, à titre individuel, des tâches transmises par le Seigneur Jésus par l'intermédiaire de Sœur Marie Faustine.
    Le message de Sœur Faustine a été noté dans son Petit Journal qu'elle a rédigé par la volonté du Seigneur Jésus et de ses confesseurs. Elle y a fidèlement noté tous les souhaits de Jésus, de même qu'elle a décrit l'union intime de son âme avec Dieu. Secrétaire de mon plus profond mystère, disait le Seigneur Jésus à Sœur Faustine, ton devoir est d'écrire tout ce que je te fais connaître à propos de ma miséricorde au profit des âmes qui en lisant ces écrits seront consolés et auront le courage de s'approcher de moi 
     . Cet ouvrage nous rend proche d'une manière extraordinaire le mystère de la Miséricorde Divine. Il enchante non seulement les gens simples, mais aussi les scientifiques qui y découvrent une source supplémentaire de recherche théologique. Le Petit Journal a été traduit en plusieurs langues, entre autres
    en anglais, allemand, italien,espagnol, français, portugais, russe, hongrois, tchèque et slovaque.
    Ravagée par la maladie et par de nombreuses souffrances qu'elle a supportées en tant que sacrifice bénévole pour les pécheurs, entièrement épanouie spirituellement et unie à Dieu, Sœur Marie Faustine est morte à Cracovie le 5 octobre 1938, âgée à peine de 33 ans. La gloire de la sainteté de sa vie a crû rapidement avec la propagation de la dévotion pour la Miséricorde Divine et au fur et à mesure des grâces obtenues par son intercession. De 1965 à 1967, à Cracovie s'est déroulé le procès diocésain sur sa vie et ses vertus et en 1968, à Rome, a été ouvert le procès de béatification, clos en décemb
    re 1992. Le 18 avril 1993, sur la Place Saint-Pierre de Rome, le Saint Père Jean Paul II a procédé à l'acte de sa béatification. [Elle fut canonisée le 30 avril 2000, ndlr ]. Ses reliques reposent au sanctuaire de la Miséricorde Divine de Cracovie-Łagiewniki .

     

     

     

     


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